Quels sont les nouveaux médias ?

Les médias classiques sont délaissés et n’attirent plus grand monde. Les journaux, les magazines, la télé. Les sources d’information sont en mutation et internet gagne du terrain. Mais il ne semble pas que les nouveaux médias soient encore bien établis, et que nous nageons dans un océan d’informations en fluctuation permanente. À moins que ce ne soit justement ça la nouvelle ère de l’information : une mer changeante déversant sans interruption ses données de qualité variée et dans laquelle chacun doit trouver sa façon de naviguer.

Si nous ne sommes pas dans une phase de transition et si le paysage informatif a pris cette nouvelle forme, il est important de trouver un moyen de se l’approprier. Or, la difficulté consiste, pour l’offre d’informations, à fournir de l’information fiable et à toucher un public, et, pour la demande d’informations, à trouver une information fiable.

Aujourd’hui, avec la transparence que nous vivons (révélations des politiques, des affaires intimes, de l’identité réelle des détenteurs de l’information, des grandes fortunes, des frasques des uns et des autres), la tentation est forte de tomber dans la théorie du complot. Puisque tous les jours surgissent un nouveau fait divers, une nouvelle anecdote qui viennent confirmer la suprématie du monde de la finance ou le manque d’intégrité de la classe politique, on peut en conclure, par lassitude, qu’« on nous ment », que « tout ça est fait exprès ». Peut-être. Mais par qui ce complot est-il ourdi ? Qui est assez intelligent et stratégique pour tirer des ficelles si complexes ? Et dans quel dessein ? Être le maître du monde comme le méchant d’une histoire de James Bond ? J’ai du mal à adhérer à cette théorie. Si nous sommes dans ce cas de figure, il faut développer les talents d’un détective privé surdoué pour s’informer. Cela dit, on en est presque là…

Jusqu’à récemment, face aux médias classiques, la majorité du public ne mettait pas en doute l’information. On croyait aux médias « sérieux » (les grandes chaînes de télévision publiques, les grands journaux) qui avaient su s’imposer dans la confiance globale. Peut-être justement parce qu’on avait accès à moins de transparence. Peut-être qu’on aurait toujours dû remettre en cause la fiabilité de l’information. Aujourd’hui, on dit que des magnats de la finance tiennent les rênes. Et avant, comment cela se passait-il ? L’information a toujours été une puissance. L’expression « quatrième pouvoir » qui désigne la presse et les médias en général n’est pas nouvelle. Alors pourquoi imaginer que l’information était libre et fiable et qu’elle a perdu ce statut ? Etats, puissants, religieux, qu’on le sache ouvertement ou non, n’y a-t-il pas toujours quelqu’un de puissant derrière un média important ? La feuille de chou d’un village peut certainement être libre et le rester. Mais dès qu’une publication a un fort lectorat, elle prend du pouvoir et, par conséquent, elle intéresse. Même si, à sa création, elle ne dépend de personne. Aujourd’hui, ces « secrets » de la détention des médias sont dévoilés et font scandale mais le phénomène est-il nouveau ? Les propriétaires le sont peut-être et cela peut heurter les anciens mais, si on n’a jamais fait partie de ces puissants, est-il vraiment gênant que les rênes changent de main ?

Il me semble que la seule façon d’éviter l’accaparation de l’information par les différentes formes de pouvoir est de conserver une taille réduite. Le média doit rester assez modeste pour ne pas générer d’intérêt. Toutefois, dans ce cas, la portée de l’information demeure alors réduite également. Et si elle venait à grandir, la publication enflerait en conséquence et deviendrait la proie de puissants, avides de mettre leur main dessus avant les autres. En outre, le problème de la confiance reste entier. Comment l’établir ? Comment prouver sa bonne foi et l’authenticité des faits que l’on avance ? Les nouveaux types de médias d’informations recherchent la crédibilité qu’elles ne possèdent plus par défaut. Et moi, en tant que public, je cherche également vers quoi je peux me tourner pour accéder à une information de qualité. Je n’ai pas de recette. Je cherche. Toutefois, je refuse la phrase choc, le bon mot, l’anecdote. Une information qui se résume à une phrase ou même à un paragraphe n’a aucune valeur pour moi, même si elle est reprise par la radio et les journaux. Soit je m’intéresse à cet embryon de contenu et je recherche des données plus fouillées (commence alors le travail de détective), soit je ne m’y intéresse pas et je m’empresse de l’oublier.

Il me semble que les conférences TED sont de bonnes représentations de cette nouvelle forme de médias. La fondation qui les a créées a pour objectif de distribuer des « idées qui valent la peine d’être diffusées ». J’aime cette idée. Je n’en ai pas visionné beaucoup mais il y en a une qui me semble essentielle à partager. Il s’agit de la conférence donnée par Chimananda Ngozi Adichie (une écrivaine nigériane de grand talent), intitulée « We should all be feminists », et sous-titrée en français pour le plus grand soulagement des non anglophones :

https://www.ted.com/talks/chimamanda_ngozi_adichie_we_should_all_be_feminists

 

Peut-être que, moi-même, en écrivant cet article et en diffusant ce lien, je me leurre complètement. Peut-être que ces conférences TED sont biaisées. Si vous le pensez, n’hésitez pas à me le faire savoir, à m’expliquer pourquoi. Si vous connaissez des médias intéressants sur la toile, faites aussi circuler l’info…

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